Retour sur le chef d’œuvre Metroid Prime

MetroidPrimeArtArticle mis en ligne sur mon blog Gamekult depuis un bout de temps, mais le jeu mérite tellement des louanges que je me suis décidé à le remettre en ligne ici. Avec le recul, Metroid Prime reste ma plus grosse claque de la génération 128 bits. Je ne trouve aucun défaut à ce jeu tout simplement.

Rendons justice en citant dès le départ le nom du créateur de Metroid : Gunpei Yokoi. Cet homme de génie est décédé dans un accident de voiture en 1997 laissant derrière lui une marque indélébile sur le média du jeu vidéo (Game & Watch, Game Boy, etc.)
Lourdes responsabilités pour Retro Studios, de développeur un nouvel épisode de Metroid. Ce petit studio texan acheté par Nintendo doit continuer la saga avec un épisode aussi mythique que les précédents !

Un départ en fanfare !

Dès qu’on allume la console, Metroid Prime nous subjugue et attire notre regard ! L’écran titre à une personnalité qui nous met déjà en appétit ! On lance une partie, une séquence très bien réalisée nous plonge dans le regard de Samus et nous voilà partis pour un jeu mythique ! Un sentiment de solitude, d’errance est dès le départ mis en valeur. Samus est seule dans cet univers vaste, elle doit comprendre par elle-même (donc nous au moyen du viseur d’analyse) l’histoire, les motivations des pirates de l’espace, l’histoire du peuple Chozo et surtout ce qui se trame sur Tallon IV.
Le « premier niveau » est un niveau permettant de nous familiariser avec Samus et il faut avouer que cela est d’une facilité déconcertante ! D’ailleurs, c’est un plaisir de se mettre en boule morphing par exemple et de se trimballer partout. Chaque touche de la manette est très bien utilisée et c’est un régal d’être dans la peau de la belle Samus Aran. Une maniabilité aux petits oignons et qui se confirmera tout au long de l’aventure.
Même si le choix de la vue à la première personne pouvaient faire peur aux fans de Metroid et déstabiliser les fans de FPS (Metroid n’est absolument pas un FPS bourrin !), il faut avouer que ce choix risqué est remporté haut la main.

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Un monde vaste, un subtil mélange d’action, d’aventure et d’exploration.

Après ce premier niveau qui servait plus ou moins de tutorial (de cette qualité j’en redemande), nous voilà sur Tallon IV et la première chose qui choque est ce sentiment d’errance ! Dès le départ, on regarde la carte qui est d’ailleurs génialement faite. Encore heureux diront certains car même si le level design du jeu est tout bonnement extraordinaire, il est facile de se perdre parmi tous ces chemins et bifurcations.
Metroid est un grand labyrinthe/puzzle en 3D. Chaque nouvelle découverte d’items permettra d’ouvrir de nouveaux chemins (ceux-ci se trouvant en général à l’opposer). Pas d’objectif, pas de chemin linéaire, juste une liberté qui au départ peut donner le tournis. À vous de trouver ce qu’il faut faire, à vous de trouver l’item et son emplacement qui permettra d’ouvrir une porte menant à un monde se refusant à vous ; tout ceci accentuant encore plus un sentiment d’être perdu et seul.

On remarque aussi très rapidement la beauté des décors, une harmonie parfaite s’en dégage. La pluie qui tombe sur la visière, l’eau qui en ruisselle quand Samus sort de l’eau et plein d’autres petits détails de ce genre montrent la qualité du soft. Retro Studios a été attentif aux détails, et même si les textures ne sont pas tout le temps au top, ces détails, cette harmonie, cette cohérence font de Métroid Prime un jeu magnifique. Un des plus beaux jeux de cette génération.

Retro Studios a aussi créé une histoire et un bestiaire formidables. Grâce au viseur d’analyse, chaque objet a sa description, son histoire et tout ceci crée encore une fois une cohésion et donc une immersion parfaite ! Un ennemi laissé mort par terre, scannez-le et vous aurez le droit à la raison de sa mort, ses radiographies montrant son bras cassé par exemple.
Et évidemment, tout cela dans une atmosphère où tout a été pensé comme les fuites de gaz naturel, les feuilles ou le sable porté au gré du vent, le venin ou sang des ennemis glissant sur votre visière, le soleil éblouissant notre héroïne, ou même les reflets de son visage lors de tirs ennemis finissant à nos côtés, etc.
Monstrueux de détails dans une immersion parfaite et rarement vue jusqu’à maintenant !

Certains pourront reprocher un manque de cinématiques et donc un effort à fournir de la part du joueur pour connaître le scénario. Mais ceci renforce selon moi ce sentiment de solitude, d’errance. Pas de voix, pas de tierce personne, juste Samus.

Pour en revenir au coté technique, l’animation est sans faille, le jeu ne rame jamais même devant les boss. Un paquet d’effets graphiques est présent, les différents scans (viseur infrarouge ou radioscopique) sont très bien rendus et donnent à l’écran de nombreux effets. Une variété de décors assez importante, même si cela reste assez conventionnel. On a le droit à la neige, la lave par exemple. Chaque monde a le droit à sa petite introduction et c’est un plaisir de voir la qualité de leurs décors et tous ces détails qui fourmillent. De plus, chose très importante, le jeu ne comporte pas de chargements visibles (quelques portes sont récalcitrantes, mais cela n’est pas énorme) ; en somme, un jeu de toute beauté.
L’environnement sonore est lui aussi excellent, le jeu tourne en Dolby Surround Prologic II. Les bruitages sont de très bonne facture, la musique de Kenji Yamamoto est envoûtante, la B.O. tourne encore régulièrement chez moi !

Ce qui marque dans ce jeu est l’importance des détails. Tout est cohérent et le moindre détail a été soigné !
Tout a été pensé pour que Metroid soit un chef d’œuvre. Retro Studios est un studio exigeant, consciencieux et maniaque. Avec ce jeu, un grand studio est né !

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Une reconversion 3D pour Samus réussi haut la main !

Il faut avouer que le gameplay 2D de Métroid n’était pas évident à transposer sur la génération actuelle. En tout cas, tout le monde avait peur à l’annonce de ce jeu. Un studio américain s’en occupait, un jeu en 3D, une vue à la première personne : 3 raisons de s’inquiéter ! Mais le résultat est là, l’essence même de la série Metroid est présente et Métroid Prime peut se targuer d’être le meilleur épisode de la série !
Les passages en boule morphing sont un régal, les mouvements de Samus sont très bien pensés pour la 3D. Seuls manquent quelques mouvements, qui seront peut-être dans le prochain, comme le Speed Booster ou le Power Grip, mais ces mouvements n’étaient peut-être pas évidents à réaliser dans un environnement 3D.
De plus, on a le droit à une durée de vie assez conséquente pour un Metroid (une vingtaine d’heures), deux modes de difficulté, un tas de bonus à débloquer selon le % de notre inventaire, une légère connectivité avec Metroid Fusion GBA, etc. Des boss immenses et coriaces, des passages délicats, des points de sauvegarde peu nombreux mais placés intelligemment qui nous obligent à jouer prudemment et qui accentuent ce sentiment de vulnérabilité dans ce monde hostile. Un équipement très complet et pas mal upgradable, un bestiaire immense et très varié.

Non, rien à dire, Retro Studios a fait un boulot monstrueux et Metroid Prime restera à vie dans pas mal de mémoire ! Ce petit studio a su transposer le gameplay 2D en 3D avec brio, à garder et même sublimer le sentiment de solitude, et a créé un level design digne des meilleurs labyrinthes. Chapeau bas !

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Dans l’espace, personne ne peut vous entendre crier.

Pour les plus cinéphiles d’entres vous, vous avez reconnu le slogan du premier épisode de la saga Alien. Les deux séries ont pas mal de point commun et surtout le premier : Alien de Ridley Scott.
Pour Alien et Metroid Prime, on a une cohérence de l’univers, un souci du détail frappant. Chaque pièce est parfaitement mise en images et fidèle à un univers. Rien n’est laissé au hasard et chaque détail insignifiant est travaillé ce qui provoque chez le spectateur/joueur une immersion et une adhésion totales.
Pour les deux œuvres, le héros est une femme et ceci n’est pas coutumier dans ce style de films/jeux. On voit d’ailleurs un peu de leur intimité des deux héroïnes à la fin (petite culotte/tête). Nous avons même un hommage au réalisateur d’Alien dans les Metroid, le ptérodactyle Ridley !
Un sentiment d’angoisse, de solitude, d’inconnu est présent dans les deux. Les deux sont des chefs d’œuvres de leur art respectif. Et chaque spectateur/joueur attend avec impatience le prochain épisode.

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